Entre braises et mélisse, que ton stress s’évanouisse!

“Un jour, ça deviendra un événement public”.

C’est ainsi qu’on nous l’a glissé à l’oreille et c’est ce qui nous pousse à vous livrer les ingrédients de base de notre rêve secret.

Parce que ce weekend, on organisait, à titre privé dans notre chez nous, notre traditionnel grand feu de printemps.

Un après-midi. Un coin de prairie tranquille traversé par un ruisseau. Un soleil décapant adouci par une brise légère. Un plancher improvisé en palettes et tapis de récup’. Un fond musical chill. Quelques fatboys qui invitent à la sieste. Des jeux, évidemment. De réflexion, d’adresse, de force, de persévérance. Une slackline et le coach qui va avec. Une toilette sèche, notre petite fierté DIY. Des tentes par-ci, par-là. Une bassine d’eau pour garder les boissons fraîches. Un jerrican de limonade à la mélisse.

Et puis des gens, des amis, de la famille, des adultes, des enfants. Et comme c’était aussi la fête des voisins, et bien des voisins!

Mais surtout, une envie commune: celle de se poser dans un cadre agréable et de profiter.

Juste ça, profiter.

Profiter des enfants qui s’amusent. Profiter des conversations animées. Profiter de la musique et du soleil. Profiter de la sensation des pieds dans l’herbe. Profiter de nouvelles rencontres. Profiter de la découverte d’une bière inconnue. Profiter de renforcer les liens. Profiter de revoir des amis de longue date. Profiter d’une partie de jeu intense et d’un premier pas de funambule réussi. Profiter des oiseaux. Profiter des vaches, piquées de curiosité.
Profiter d’être ensemble.

© Photo: Fanny Dechamps

Alors notre rêve n’est pas de créer un festival d’une semaine dans notre jardin autour d’un grand feu… quoique. Non, plus sérieusement, notre rêve est de pouvoir, par nos activités privées comme professionnelles, transmettre et partager cet art de vivre au ralenti.
Pas comme des escargots, lents et mous, on s’entend, mais comme des humains qui prennent le temps de mettre le monde sur pause et d’apprécier à leur juste valeur les choses essentielles.

Ou pour siroter notre limonade à la mélisse.

Ce qui revient au même, au final.

Et si… tout allait trop vite?

La journée commence par le réveil qui sonne. Me lever, pour aller bosser. Objectif premier de cinq journées sur les sept précieuses que compte une semaine. Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie. Je me sens fatiguée. Je snooze. Et c’est parti, ce simple geste vient de faire démarrer la course contre la montre. Je dois m’activer, je risque d’être en retard au boulot.

Je mange vite-fait, pour rattraper ma paresse au lit. J’essaie de manger équilibré, tout bien comme sur les blogs et autres voies de la sagesse. Mais à vrai dire, ce matin, j’ai pas trop le temps. Alors j’avale un bol de cornflakes sans saveur, en parcourant mon fil d’actu Facebook. Un pouce par-ci, une vidéo par-là, oh un chat!, un gif, tiens elle a coupé ses cheveux, … Oh punaise, l’heure! J’ai scrollé, scrollé, scrollé et là, je suis vrai-ment à la bourre. Clefs, téléphone, portefeuille, voiture et c’est parti. J’active Waze, pour éviter de perdre mon temps dans les bouchons et pour pouvoir appuyer sur le champignon tout en évitant les prunes. Puis ça permet de vérifier l’heure exacte d’arrivée. J’ajoute à ça le temps de me garer puis de marcher, ça donne… ok, si je trouve une place pas trop loin et que je hâte le pas, y’a moyen.

Allez, mais avance, toi!

Je profite du trajet pour passer deux coups de fil, ça rentabilise le temps passé dans cette voiture et il passe plus vite. D’ailleurs, voilà, j’y suis enfin. Je saute hors de la voiture et je marche. Si, si, c’est de la marche. Rapide, mais de la marche quand même. Je ralentis deux cents mètres avant la porte d’entrée histoire de ne pas montrer que j’ai du me dépêcher, j’arbore un sourire des plus naturels et je simule une respiration tout à fait calme. Je m’installe au bureau et ouf! Enfin, ma journée peut commencer.

Rythmée par la succession de tâches que je barre de la to do list, la journée passe. Liste déprimante car elle ne fait que s’allonger. J’en deviens esclave et la satisfaction de barrer une ligne ne me motive plus assez. Mais je n’ai pas vraiment le temps de penser au fait que je me démotive car tout s’enchaîne. Ca m’arrange, au final, que tout aille si vite car ça me permet d’oublier à quel point ça n’est pas ma voie. Et puis, la fin de la journée est déjà là. J’ai fait une demi-heure en plus, je vais être coincée dans les bouchons au retour. Mince, j’aurais du me dépêcher, ou prendre moins de temps ce midi…

Enfin, je rentre à la maison. Ma journée à moi peut finalement commencer. Un bon petit programme ce soir: repas pas trop compliqué, qui se prépare vite-fait histoire de ne pas perdre trop de temps et que je peux manger dans mon canap’ devant une série. D’ailleurs, j’ai quatre épisodes de retard sur celle-ci et je dois encore commencer celle-là, LE phénomène du moment. Mais bon, ça passe vite une soirée, il ne faut pas que je me laisse trop absorber sinon je vais m’enfiler les épisodes et je serai crevée demain, je ne pourrai de nouveau pas me lever.

Photo de Anne Nygård sur Unsplash

Et si…?

Et si je ne voulais plus de ça? Et si je voulais prendre le temps de me faire un vrai petit-déj? Et si je laissais mon smartphone de côté pour vraiment savourer ce premier repas? Et si j’ouvrais la fenêtre pour entendre les oiseaux? Et si je prenais une minute pour me rendre compte à quel point la luminosité de ce soleil matinal me fait du bien?

Et si je levais le pied, pour prendre le temps d’apprécier réellement la musique de l’autoradio? Et si je chantais à tue-tête dans la voiture? Et si je me garais loin pour profiter du grand air, à pied?

Et si je mettais des priorités dans ces tâches? Et si je prenais de vraies pauses relaxantes? Et si je faisais la sieste? Et si je redonnais du sens à ce que je fais? Et si je prenais le temps de partager un repas de qualité à midi avec des personnes que j’apprécie ?

Et si ce job n’était pas fait pour moi? Et si je pouvais faire de mes journées ce qui m’anime?

Et si cuisiner une recette nouvelle m’apportait de l’estime et de la fierté? Et si cette série n’était pas si essentielle, finalement?

Et si je ralentissais un peu?

Et pourquoi pas?