Le secret des orangettes. Passer de l’angoisse de la perfection à la joie de l’instant.

Ouvrir wordpress. Découvrir une cinquantaine de commentaires passés jusque-là sous les radars. Et sentir la vague monter, encore une fois. Parce que vos très nombreuses réactions nous en ont fait verser, des larmes! N’y voyez pas un reproche mais une infinie reconnaissance pour toute l’énergie et les encouragements, l’amour aussi que nous y avons trouvé.

Le premier billet vous annonçait le redémarrage du blog. Je ne vous cache pas que le tsunami de vos réactions me paralyse depuis quelques jours. Comment en écrire un deuxième qui soit à la hauteur? Un troisième, un quatrième, …? Mais on s’y est engagés, alors nous tiendrons parole et me voilà en train de surmonter cette angoisse de perfection. Deux choses m’y aident. Trois, à vrai dire, si compte les orangettes dont je me régale à chaque fois que mes doigts s’arrêtent de tapoter.

Lève-toi et marche

La première, je la dois à une phrase. Un enseignement retenu à la volée au cours d’une formation ou dans une lecture. Ou serait-ce dans un film? Ma mémoire a jeté l’emballage pour ne garder que la précieuse douceur. La précision du texte même semble m’échapper. Excusez l’approximation avec laquelle je vous délivre ce principe:

Quand tu es triste, marche. Quand tu es en colère, marche. Quand tu penses trop, marche. Même quand tu vas bien, marche.

Souvenir d’un temps où nous étions jeunes et beaux. Haem. Ecosse. Great Glen Way 2016.

En gros, marche tout le temps. Enfile tes chaussettes épaisses, glisse tes pieds dans des bottines rodées, endosse ta parka et sors. Fais un pas, puis un autre. Avance ton corps. Ton esprit suit le mouvement. Tes pensées sont ballotées, fouettées par le vent d’avril. Ferme les yeux, laisse courir ton cerveau, rouler tes larmes, si elles doivent sortir. Ecoute, sens, vois et avance.

Cette bouffée d’air, ce vent qui fait tanguer, ça me rappelle que mes pieds sont au sol, ancrés et prêts pour la suite. Ce ne sont pas eux qui m’empêchent d’avancer. Mais plutôt ce qui se passe dans la tour de contrôle, là-haut. Et pour rendre la confiance au contrôleur aérien en panique qui y loge, il faut que le temps s’éclaircisse.

Juliett Oscar India Echo

On en vient à cette deuxième chose qui me permet d’écrire sereinement aujourd’hui. Je n’ai ni ligoté ni bâillonné mon contrôleur aérien. J’ai juste dissipé les nuages en me rappelant ce qui nous met en joie. Quand on a s’est lancés dans l’aventure entrepreneuriale en 2016, on était complètement connectés à cette joie, elle ne nous quittait jamais. Tout était exaltant, fou, grandiose.

Amusement. Liberté. Partage.

Ces fondements du Siroteur nous collaient à la peau.

Montage de Proust Alors! #1 au Centre culturel d’Emines. Avril 2019.

Et aujourd’hui?

Ils sont toujours là, aussi forts bien qu’un peu mis en sourdine par les impératifs du quotidien. Mais ils sont toujours aussi intacts et aussi vastes qu’à nos débuts. Nos idées et nos projets sont innombrables pour donner un coup de shaker à ces trois valeurs. Les grands idéalistes que nous sommes ont du mal à se concentrer sur une idée, l’idée suivante. Car choisir c’est renoncer (du moins temporairement) au potentiel de toutes les autres idées.

On découvre aujourd’hui, non sans heurt, que notre équilibre se trouve dans la divergence, la capacité à toujours inventer, toujours rêver, mais aussi dans la convergence, la capacité à se concentrer sur le concret, sur un projet à la fois, ici et maintenant. C’est un équilibre précaire. Comme un funambule concentré tant sur la précision des petits pas qu’il fait que sur son objectif, de l’autre côté du vide. Qui ne peut s’empêcher de réfléchir déjà à son prochain numéro mais qui doit rester vigilant pour ne pas perdre l’équilibre durant celui-ci.

Tu as peut-être le sentiment qu’on digresse alors je vais tâcher de raccrocher cet épisode du funambule à la joie dont on parlait: quel que soit l’objectif actuel, quelles que soient les idées de prochains numéros, aussi impressionnant que soit le vide en-dessous, la seule façon d’avancer c’est de ramener la concentration sur la joie que nous apporte le petit pas suivant.

Et ce petit pas suivant, c’est un deuxième article. Qu’il marque autant les esprits que le premier ou non, il m’a mis en joie. Et les orangettes aussi. Alors je vous le livre. Sans orangettes, par contre, parce que j’ai tout mangé.

On s’est planté. Confidences d’un couple entrepreneur qui s’est cru insubmersible.

Fais ce que tu fais de mieux.

Je m’y attèle. Je crée des jeux et des escape games et voilà que je reprends du service à l’écriture. Ce qu’elle m’a manqué, cette plume. Je suis même un peu intimidée par cette grande page blanche. Je n’ai pourtant pas vraiment cessé d’écrire. J’ai un carnet de notes qui déborde et un livre qui n’attend qu’un éditeur. Mais cette ancienne routine de prendre le clavier à 22 heures pour partager des humeurs sur la toile, celle-là, ça fait un bail que je ne l’ai pas entretenue. Alors voilà qu’enfin, je m’y remets. À l’instinct.

Je me suis posé beaucoup de questions avant de refaire surface par ici. Parler en « je » ou en « nous »? Pour raconter quoi? Qu’avez-vous envie de lire? Qu’est-ce qu’on peut bien avoir d’intéressant à raconter alors qu’on est dans un sale pétrin, psychologique et financier? Comment encore inspirer? Comment donner à d’autres envie d’entreprendre quand un burn out nous a rattrapé, comment parler au nom de nous deux quand l’un de nous est en repos forcé? Comment parler seule au nom du Siroteur? Avec quelle légitimité? Le Siroteur, ce n’est pas moi, c’est nous. Comment vous parler de ralentissement quand on s’y est visiblement mal pris? Comment vous avouer que notre ambition de sobriété heureuse nous a conduits à une précarité involontaire? Comment rester cohérents? Comment rester positifs sans faire l’autruche? La réponse me vient en écrivant et elle tient en un mot: honnêteté.

Je m’apprête à vous faire une confidence. Pas très facile. Et vous sentez venir l’épine: on s’est vautrés.

Les erreurs stratégiques

On a embrassé une vie slow. On pensait qu’on parlait bien anglais et que le slow, c’était le ralentissement. Ralentir le rythme, fuir l’hyper-tout (l’hyperconsommation, les hypermarchés, l’hyperconnection), fuir la frénésie ambiante, qu’on a volontairement reformulée avec le terme « effrénitude ». Freiner des quatre fers et refuser ce monde trop rapide dont on nous gave. Sortir de la course. Sauter du train en marche. Notre réponse universelle à ce saut dans le vide: moins d’argent mais aussi moins de besoins.

C’était un fameux raccourci. Car ce saut nous a plongés dans une situation financière précaire. On a appris à voguer dans les méandres administratifs pour tirer notre épingle du jeu. On s’en est sortis. Mais notre résistance au stress a été éprouvée.

On a fait des erreurs stratégiques. En 2019. Et on les paie aujourd’hui. On s’est crus insubmersibles. On n’est jamais retombés dans les travers de la vitesse. Mais on a oublié d’être vigilants à ceux de l’intensité.

En 2017, on a cumulé un mariage, un bébé et le lancement de notre entreprise. C’était un peu casse-gueule mais on en a rigolé et on a continué sur notre lancée. En 2019, trop confiants, on a remis le couvert avec un deuxième bébé, une saison d’animation et deux éditions de Proust Alors! (dont la deuxième pile un mois après la naissance). Grosse erreur stratégique. Ca commençait à sentir le roussi et on misait sur l’arrivée d’un stagiaire en février 2020 pour amenuiser un peu cette intensité. Nouvelle erreur stratégique. On n’avait pas anticipé l’écolage et le respect de certains horaires que nécessiterait l’accueil d’un stagiaire. C’est donc épuisés et sans perspectives événementielles qu’on s’est confinés avec nos deux petits bouts en mars 2020.

Le confinement des derniers retranchements

Forcés de ralentir. Confrontés au mode de vie qu’on ambitionnait d’atteindre. Forcés de réaliser qu’on s’était plantés. Une fois de plus, c’est l’intensité et non le rythme qui nous a rattrapés. Deux enfants en bas âge, très mauvais dormeurs, aucune perspective économique, aucun moyen de travailler à deux en même temps, de faire une réunion stratégique. Aucun travail mais une pression énorme. La corde qui commence à craquer.

Le couteau à la gorge, on a oublié pendant trois semaines la question du rythme et on a créé un escape game extérieur. Thomas s’est chargé de la plupart des animations durant l’été. Un reconfinement et la fin de saison ont annoncé la fermeture de notre bouée de sauvetage. C’est à ce moment qu’on chope le covid. Thomas s’écroule.

Photo de Matt sur Unsplash


Nous voilà six mois plus tard. Avec toujours très peu de perspectives et de sacrées leçons apprises. Des découvertes sur nous-mêmes, du baume sur des plaies anciennes, du développement personnel, des psys. Des enfants qui grandissent chaque jour un peu, allégeant notre quotidien.

Le tableau n’est pas rose. Je vous l’avais dit: on s’est plantés.

Le tourbillon des leçons

On aurait du mieux saisir la nuance entre ralentir le rythme et avoir une vie plus douce. Plus respectueuse de soi et de la Terre. Car c’est ça qui nous anime au fond.

On aurait du mieux se connaître, chacun mieux jauger notre résistance au stress, à la fatigue, à la vitesse et à l’intensité, mieux connaître nos sensibilités et leurs origines. Surtout, mieux les écouter.

On n’aurait pas du confondre sobriété et précarité.

On aurait du savoir que ce qui nous fait avancer, c’est notre impact sur le monde. Et que l’argent permet de faire naître des projets plus ambitieux et plus impactants. On aurait du anticiper qu’aujourd’hui, notre mission de vie serait à l’étroit, asphyxiée dans notre portefeuille.

On aurait du savoir ce qu’on sait maintenant.

Car maintenant, on peut reconstruire plus durablement, même si ça prend beaucoup de temps. Le Siroteur risque de changer de cap prochainement et les nouveautés à venir seront forcément guidées par les leçons qu’on tire de ce gros tourbillon. On doit encore laisser mûrir nos idées, réaligner nos visions, laisser Thomas reprendre du poil de la bête mais en attendant, une chose est sûre, ce blog va reprendre du service!

Merci de nous avoir lus, laissez-nous vos impressions en commentaires.

Aurélie.

Imprimez nos jeux!

Les jeux à imprimer et à faire soi-même, c’est bien ici. Les premiers exemples seront mis en ligne rapidement. Pour ne rien manquer, suivez-nous sur Facebook et Instagram.



Si vous ne connaissez pas encore le concept, mis en place suite au confinement lié au Coronavirus, je vous invite à le découvrir en vidéo.

Et pour les idées de jeux en extérieur et d’occupation ludiques pour vos bambins, je vous confie notre petite mine d’or…

Le Siroteur: appellation d’origine mystérieuse

Vous êtes nombreux à nous demander pourquoi Le Siroteur s’appelle Le Siroteur et quel est le lien avec les jeux en bois… Aujourd’hui, on officialise sur les internets les origines de ce nom intriguant. Et oui, c’est cadeau!

Evidemment, les plus proches et mauvaises langues aiment à dire qu’on apprécie de boire not’ petit verre. S’ils nous connaissent bien, s’ils savent que nous sommes deux épicuriens, ils savent aussi que c’est certainement ce trait de personnalité qui nous a poussé à chercher une vie privée et professionnelle plus en accord avec nous-mêmes.

Mais il y a d’autres mystères derrière Le Siroteur. Pour les percer, retour en 2016, dans notre bibliothèque, avec une marée de post-it et des gros feutres. On s’assied par terre et on balance toutes les idées qui nous viennent en tête. Avec quelques consignes tout de même: pas de mot anglais, pas de mot-valise, pas de nom en “-ez-vous” “-et moi” parce qu’on doit confesser qu’on n’aime pas du tout cette tendance. Bref, il reste du français bien ringard, ou pas. Alors on se creuse les méninges. On veut un truc qui ne soit pas trop long, question de facilité sur les réseaux sociaux. On veut un nom de domaine libre (c’est-à-dire un tructructruc.be qui n’existe pas encore).

Un brin d’histoire

On veut aussi, si possible, un clin d’oeil historique à la maison. Parce qu’on travaille de la maison, que la maison fait partie d’un bâtiment qui a vécu avant nous et dans lequel nous avons aussi installé notre atelier. Et parce que cette fermette était il y a cent ans une fabrique de sirop de poires. Donc nous cherchons un mot avec sirop dedans. Mais ça complique pas mal les choses. Et on n’a pas pour projet de commencer à commercialiser du sirop bio sur les marchés.

La grange de la Siroperie, notre atelier

Alors on va chercher du côté philosophique. Parce que notre projet a une vision, celle d’un monde qui tourne plus rond parce qu’il tourne moins vite. Et que cette vision se traduit en une mission, qui est d’inviter le public rencontré à lever le pied, à prendre le temps de se demander pourquoi, et à se reconnecter aux choses essentielles.
Et là, on se dit: tiens, y’avait pas un mot au rayon “sirops” qui pourrait coller avec cette idée? Mais si pardi!

Siroteur? Siroteur… Siroteur!

Mais oui mais c’est bien sûr! Le siroteur, comme le gamin qui aspire son sirop de grenadine à la paille, par petites gorgées et qui se fascine pour la vie qui l’entoure. Le Siroteur comme le regard du grand-père qui se pose sur sa chaise devant chez lui et qui prend le temps de voir ce monde qui a bien changé depuis toutes ces années.

Le Siroteur, comme cet humain qui sirote la vie, la déguste, prend le temps d’en voir et d’en apprécier les petits plaisirs, comme celui de se retrouver autour d’un jeu que d’autres auront pris du temps et du plaisir à concevoir et à fabriquer dans le respect de certaines valeurs, de partager cet instant avec des proches et de créer ensemble de doux souvenirs sucrés. Sucrés comme ce sirop de poires. Tiens, on y revient.

La fabrique à souvenirs — Karzat Funfair @Sziget Festival2016

D’ailleurs, on s’emballe, là. Allons vérifier la disponibilité du domaine lesiroteur.be avant de fondre d’enthousiasme. Ô l’univers est avec nous, la voie est libre! Tiens, et Google, qu’est-ce qu’il en dit? Miracle, uniquement des pages de dictionnaires… Et t’as vu, siroteur c’est l’anagramme de re-sourit.

Et bien, c’est sûr, le sourire s’étend d’une oreille à l’autre, je crois que nous sommes fixés, on écarte les post-it et on en garde un seul, précieux comme le Graal. Ca y est, on l’a, notre nom: Le Siroteur.

Entre braises et mélisse, que ton stress s’évanouisse!

“Un jour, ça deviendra un événement public”.

C’est ainsi qu’on nous l’a glissé à l’oreille et c’est ce qui nous pousse à vous livrer les ingrédients de base de notre rêve secret.

Parce que ce weekend, on organisait, à titre privé dans notre chez nous, notre traditionnel grand feu de printemps.

Un après-midi. Un coin de prairie tranquille traversé par un ruisseau. Un soleil décapant adouci par une brise légère. Un plancher improvisé en palettes et tapis de récup’. Un fond musical chill. Quelques fatboys qui invitent à la sieste. Des jeux, évidemment. De réflexion, d’adresse, de force, de persévérance. Une slackline et le coach qui va avec. Une toilette sèche, notre petite fierté DIY. Des tentes par-ci, par-là. Une bassine d’eau pour garder les boissons fraîches. Un jerrican de limonade à la mélisse.

Et puis des gens, des amis, de la famille, des adultes, des enfants. Et comme c’était aussi la fête des voisins, et bien des voisins!

Mais surtout, une envie commune: celle de se poser dans un cadre agréable et de profiter.

Juste ça, profiter.

Profiter des enfants qui s’amusent. Profiter des conversations animées. Profiter de la musique et du soleil. Profiter de la sensation des pieds dans l’herbe. Profiter de nouvelles rencontres. Profiter de la découverte d’une bière inconnue. Profiter de renforcer les liens. Profiter de revoir des amis de longue date. Profiter d’une partie de jeu intense et d’un premier pas de funambule réussi. Profiter des oiseaux. Profiter des vaches, piquées de curiosité.
Profiter d’être ensemble.

© Photo: Fanny Dechamps

Alors notre rêve n’est pas de créer un festival d’une semaine dans notre jardin autour d’un grand feu… quoique. Non, plus sérieusement, notre rêve est de pouvoir, par nos activités privées comme professionnelles, transmettre et partager cet art de vivre au ralenti.
Pas comme des escargots, lents et mous, on s’entend, mais comme des humains qui prennent le temps de mettre le monde sur pause et d’apprécier à leur juste valeur les choses essentielles.

Ou pour siroter notre limonade à la mélisse.

Ce qui revient au même, au final.

Et si… tout allait trop vite?

La journée commence par le réveil qui sonne. Me lever, pour aller bosser. Objectif premier de cinq journées sur les sept précieuses que compte une semaine. Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie. Je me sens fatiguée. Je snooze. Et c’est parti, ce simple geste vient de faire démarrer la course contre la montre. Je dois m’activer, je risque d’être en retard au boulot.

Je mange vite-fait, pour rattraper ma paresse au lit. J’essaie de manger équilibré, tout bien comme sur les blogs et autres voies de la sagesse. Mais à vrai dire, ce matin, j’ai pas trop le temps. Alors j’avale un bol de cornflakes sans saveur, en parcourant mon fil d’actu Facebook. Un pouce par-ci, une vidéo par-là, oh un chat!, un gif, tiens elle a coupé ses cheveux, … Oh punaise, l’heure! J’ai scrollé, scrollé, scrollé et là, je suis vrai-ment à la bourre. Clefs, téléphone, portefeuille, voiture et c’est parti. J’active Waze, pour éviter de perdre mon temps dans les bouchons et pour pouvoir appuyer sur le champignon tout en évitant les prunes. Puis ça permet de vérifier l’heure exacte d’arrivée. J’ajoute à ça le temps de me garer puis de marcher, ça donne… ok, si je trouve une place pas trop loin et que je hâte le pas, y’a moyen.

Allez, mais avance, toi!

Je profite du trajet pour passer deux coups de fil, ça rentabilise le temps passé dans cette voiture et il passe plus vite. D’ailleurs, voilà, j’y suis enfin. Je saute hors de la voiture et je marche. Si, si, c’est de la marche. Rapide, mais de la marche quand même. Je ralentis deux cents mètres avant la porte d’entrée histoire de ne pas montrer que j’ai du me dépêcher, j’arbore un sourire des plus naturels et je simule une respiration tout à fait calme. Je m’installe au bureau et ouf! Enfin, ma journée peut commencer.

Rythmée par la succession de tâches que je barre de la to do list, la journée passe. Liste déprimante car elle ne fait que s’allonger. J’en deviens esclave et la satisfaction de barrer une ligne ne me motive plus assez. Mais je n’ai pas vraiment le temps de penser au fait que je me démotive car tout s’enchaîne. Ca m’arrange, au final, que tout aille si vite car ça me permet d’oublier à quel point ça n’est pas ma voie. Et puis, la fin de la journée est déjà là. J’ai fait une demi-heure en plus, je vais être coincée dans les bouchons au retour. Mince, j’aurais du me dépêcher, ou prendre moins de temps ce midi…

Enfin, je rentre à la maison. Ma journée à moi peut finalement commencer. Un bon petit programme ce soir: repas pas trop compliqué, qui se prépare vite-fait histoire de ne pas perdre trop de temps et que je peux manger dans mon canap’ devant une série. D’ailleurs, j’ai quatre épisodes de retard sur celle-ci et je dois encore commencer celle-là, LE phénomène du moment. Mais bon, ça passe vite une soirée, il ne faut pas que je me laisse trop absorber sinon je vais m’enfiler les épisodes et je serai crevée demain, je ne pourrai de nouveau pas me lever.

Photo de Anne Nygård sur Unsplash

Et si…?

Et si je ne voulais plus de ça? Et si je voulais prendre le temps de me faire un vrai petit-déj? Et si je laissais mon smartphone de côté pour vraiment savourer ce premier repas? Et si j’ouvrais la fenêtre pour entendre les oiseaux? Et si je prenais une minute pour me rendre compte à quel point la luminosité de ce soleil matinal me fait du bien?

Et si je levais le pied, pour prendre le temps d’apprécier réellement la musique de l’autoradio? Et si je chantais à tue-tête dans la voiture? Et si je me garais loin pour profiter du grand air, à pied?

Et si je mettais des priorités dans ces tâches? Et si je prenais de vraies pauses relaxantes? Et si je faisais la sieste? Et si je redonnais du sens à ce que je fais? Et si je prenais le temps de partager un repas de qualité à midi avec des personnes que j’apprécie ?

Et si ce job n’était pas fait pour moi? Et si je pouvais faire de mes journées ce qui m’anime?

Et si cuisiner une recette nouvelle m’apportait de l’estime et de la fierté? Et si cette série n’était pas si essentielle, finalement?

Et si je ralentissais un peu?

Et pourquoi pas?

Accueil

Le Siroteur est une entreprise namuroise lancée par deux grands rêveurs qui souhaitent faire ralentir le monde. Le Siroteur propose la location et l’animation de jeux géants en bois pour tous types d’événements.

 

Consultez notre page Facebook pour en savoir plus ou contactez-nous directement par mail ou par téléphone.

 

Aurélie Dechamps et Thomas Fernémont
+32 (0) 494 14 11 12 – info@lesiroteur.be